En Afrique subsaharienne, sept nouveau-nés sur dix ne sont pas enregistrés à l’état-civil. Dakar accueille la première conférence de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sur l’enregistrement des naissances, qui se termine le 27 février 2004 par un méga-concert auquel Alpha a été convié..
En Afrique subsaharienne, sept nouveau-nés sur dix (soit 17 millions d’enfants en l’an 2000) ne sont pas enregistrés à l’état civil. Au Sénégal, une enquête révèle que seuls 6 enfants de moins de 5 ans sur 10 sont déclarés. Pour Harry Belafonte, « dénier à un enfant son existence légale, son nom et son identité, c’est jouer avec sa vie et lui dénier tout futur comme citoyen. Il est essentiel que chaque vie soit comptabilisée afin de pouvoir (...) préparer le futur. Pour que les enfants comptent, ils doivent être comptés », a martelé l’ambassadeur de bonne volonté de l’Unicef, à l’ouverture de la première conférence de l’Afrique de l’Ouest et du Centre sur l’enregistrement des naissances.
Parallèlement aux travaux, une soirée de gala, composée d’une représentation des Ballets la Linguère et d’un récital de poèmes, a lieu le 25 février 2004 au Théâtre national Daniel Sorano. Le 27 février 2004 est organisé un méga concert avec la participation de nombreux artistes parmi lesquels Miriam Makeba, Alpha Blondy, Ismael Lô, Didier Awadi, Zao, Sékouba Bambino, Coumba Gawlo Seck etc
Un ticket pour la citoyenneté
Les logos de deux des trois organisateurs, le Fnuap et Plan International.
Sans certificat de naissance, les enfants ont plus de mal à accéder aux services sociaux de base : santé, éducation, etc. Ils sont, par ailleurs, sans protection juridique, et donc vulnérables à toute forme d’exploitation. Pour sensibiliser l’opinion publique sur cette question qui hypothèque l’avenir de millions d’enfants, une campagne d’enregistrement des naissances a été lancée à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, le 16 juin 2003. Parallèlement, des campagnes nationales étaient lancées dans les 24 pays de la région, y compris ceux en situation de crise, avec des résultats prometteurs.
La Conférence réunie à Dakar du 23 au 27 février 2004 par l’Unicef, Plan International et le Fonds des Nations unies pour la population fait le bilan et doit identifier les stratégies appropriées pour atteindre l'enregistrement universel des naissances. Elle réunit des représentants des gouvernements, de la société civile et des médias des 24 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest. L’article 7 de la convention des Nations unies sur les droits de l’enfant stipule que l’enfant est enregistré aussitôt à sa naissance, et a, dès celle-ci, « le droit à un nom et le droit d’acquérir une nationalité ». Un droit pour l’enfant, un devoir pour les parents. Et aussi pour l’Etat, qui doit faciliter la démarche.